Catherine RIVOIRE



Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :
Diplômée des Beaux-Arts de Bourges et de l’École Duperré, Catherine Rivoire a débuté sa carrière dans le design textile.
Elle est morte en 2014 d’un cancer de l’utérus. C’est dans le cadre d’une thérapie artistique que Catherine a commencé à broder ses poupées, une manière de focaliser ses angoisses. Les poupées, 15 en tout, racontent son bouleversement face à la maladie. Ces personnages sont devenus les acteurs de sa peur de mourir et de son envie de vivre.
Mais le travail a très vite dépassé le cadre thérapeutique pour composer une véritable recherche artistique.
Les poupées et les photos (prises par l’artiste et faisant partie intégrante de sa recherche) sont présentées pour la première fois au public. Son dernier souhait en quelque sorte.
Marie-Christine BOUYER


Catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :
Marie-Christine est née en 1964. Elle entre à l’ESAT Arc en Ciel de Cholet en 1995 et fréquente « Artelier » depuis 2007. Marie-Christine communique très peu ; elle consacre une grande partie de son temps au dessin et à la peinture. Elle travaille en silence, très concentrée, ignorant les autres. Plusieurs années durant, elle a représenté sa fascination pour les « miss France » avec leur écharpe du millésime. Ensuite le thème de la maternité est devenu omniprésent. Sa peinture est en constante évolution : désormais elle peint longuement la même surface, les couches se superposent jusqu’à modifier complètement le tableau initial. La composition scinde souvent l’œuvre en deux parties, isolant, cloisonnant les couples, qui sont sa nouvelle préoccupation, dans une sorte d’incommutabilité. Marie-Christine n’a plus la notion d’œuvre achevée, elle pourrait peindre indéfiniment sur la même toile des tableaux qui se modifieraient sans cesse.
Expositions à la galerie HANG’ART de Saffré en 2010 et 2011.
Jean Boccacino
Vincent PRIEUR

Notice du catalogue Art et Déchirure 2017
Des yeux en amandes aux couleurs de mer, des joues rosies par l’air extérieur. Des visages d’hommes et de femmes aux cheveux de lin.
Des véhicules, voitures, bateaux, montgolfières, avions, vélos, mobylettes, roulottes, aux passagers ombreux, serrés les uns contre les autres tendus vers une même destination.
Femmes si nombreuses, charmantes, charmeuses, par leur maintien, leur port de tête, leur cou gracile, chapeautées de bleu de vert de gris, leurs jupes courtes sur cuisses galbées, aux mains gracieuses, aux seins que l’on devine si on ne les voit, aux robes colorées, des filets de pêche. Ces hommes aux costumes de métiers aux détails précis, pêcheurs, photographes, cuir, clous, et la cigarette au coin des lèvres, gentil ou mauvais garçon, on les imagine gouailleurs. Bas-reliefs façades de maisons, ces voisins, tous dans un même «bateau ».
Cadres fenêtres ronds ou carrés avec des personnages, intérieur et extérieur, hommes et femmes et ds animaux, des poissons, des cochons, des vaches, des chevaux, compagnons de voyage, de vie. Boîtes où se rangent avec humour des personnages serrés les uns aux autres.
Les sculptures de Vincent sont faites de matériaux chargés d’histoire, d’objets chargés de vie, aux nouveaux rôles tellement poétiques, retrouvant une nouvelle vie, du passé vers l’éternité : cordages, filets, fil de lin, bois flottés, pierres, cuir, fil de fer, mais aussi anciennes portes, volets, bois de tonneaux, outils en fer, cadrans de thermomètre, de baromètre, poignées, verrous, phares, ampoules, ferrures, serrures, couleurs de rouille…
Ses sculptures me parlent du monde, des situations de proximité, des conversations, des confidences, du partage, des instantanés de vie simple…
Et ces instants figés à un moment dans une création sont autant d’instant d’éternité, d’universalité, d’humanité.
Cathy Allais, collectionneuse d’art.
Vincent fait cohabiter en toute discrétion une nonchalance et de la volonté, de la rêverie et un grand sens de la matière, de la prose et de la poésie, de l’inquiétude et de la sérénité tout en douceur, donnant à sa personne une vraie présence ; une présence à la fois dense et légère. (…)
Dominique, Café associatif « L’écume du jour »
Notice du catalogue Art et Déchirure 2016
Je construis mes sculptures comme dans mon enfance, quand je faisais un théâtre pour me faire du théâtre, un univers de la dérision et de liberté.
Des ondines venues d’on ne sait trop ou s’installent discrètement dans nos paysages bucoliques et sur nos plages désertées par les touristes. Accueillies par Vincent Prieur, qui les habille et les maquille, elles déploient l’élégance de leur formes. Après un dernier voyage à bord de véhicules bricolés qui cahotent dans notre imaginaire, les voilà qui égayent nos vies.
René Turc
CHRISTOPHE
Né en 1963, CHRISTOPHE vit et travaille à Paris. Sculpteur de poésie, il use de matériaux bruts. Il aime les actions simples et les gestes élémentaires, ceux de l’atelier qui prolongent ceux du monde du travail.





Extrait du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :
« Le monde de Christophe est celui de l’amour du matériau brut, du métal, du bois, dénichés et collectés avec une grande tendresse dans les fermes et les entrepôts.
Chaque élément a d’abord été soigneusement choisi, puis assemblé avec grâce et un grand savoir-faire.
Les sujets les plus « humbles » nous donnent ainsi à rêver (le chien du voisin, l’Imbécile heureux, le mégalopolien et ses peines de cœur, la jeune fille séduite par le beau parleur, etc.)
La mythologie est également omniprésente dans son œuvre : l’Odyssée d’Ulysse, Icare, le Cheval de Troie, Adam et Ève.
De petits instants du quotidien, de l’ordinaire, sont aussi attrapés au vol par son radar bienveillant.
La vraie aristocratie ne résiderait-elle pas dans l’économie de moyens, dans la convocation du beau et du rêve à partir d’un marteau, d’une serpette, de vieux outils assemblés dans leur seconde vie ?
Il y a aussi ici sans doute critique de la corruption généralisée de l’époque par la marchandise ; de même qu’une prédilection pour les actions simples qui nous ramènent à des gestes élémentaires, ceux de l’atelier prolongeant ceux du monde du travail.
Le jeu, l’ingéniosité, la jubilation de créer sont une marque essentielle de l’œuvre de Christophe. »
Olivier Sultan
Mario CHICHORRO
« moi je n’utilise pas de modèles, c’est tout de l’imagination. »
Mario Chichorro est né en 1932 à Torres Vedras, au Portugal. Sa peinture se situe entre l’Art naïf et l’Art brut. Il entreprend des études d’architecture à l’École des Beaux-Arts de Porto. Des affinités avec Picasso, Chaissac, le surréalisme, Dubuffet et l’art roman. Il réalise sa première exposition en 1969 et se fait remarquer par Jean Dubuffet qui lui offre une place dans sa collection d’Art Brut à Lausanne. Mario Chichorro réside à Perpignan et continue à créer ses « bas-reliefs » avec de la résine synthétique et de la mousse de polyuréthane.

OXO
Au Festival Art et Déchirure en 2006, 2012 et 2017.

Catalogue Art et Déchirure 2017 :
Et voici les enfants de la lune, les photo-phobiques aux ADN corrompus, mourant de trop de vie, poignardés qu’ils sont de soleils implacables.
Terrés dans leur chambre, contorsions de lumière négative, caméra obscura d’existences rognées, ils boivent le lait de la lune aux mamelles irisées. Tempêtes intérieures, chute des corps, convulsion des murs tagués d’éphélides. Et puis le lit se fait cage dans le maelström des draps vivant leur nuit. Les petits nautoniers en scaphandre attendent, dans la convulsion des barreaux tordus, leurs alter ego d’ombres et de mystères…homo lunaticus dans leur chambre fœtale, caméra terminus, où l’on se demande quand et comment s’en sortir.
Samuel FAVARICA
https://www.facebook.com/samuel.favarica/
https://www.instagram.com/favarica/
Samuel Carujo Fava Rica dit Samuel Favarica, né en 1971, artiste peintre français vivant à Rouen.
Art graphique, peinture et sculpture, dans la mouvance des arts singuliers, Favarica cultive une approche pulsionnelle symboliste, fantasmatique.

Marie-Jeanne FARAVEL

Née en 1949 en Saône-et-Loire, Marie-Jeanne FARAVEL est une créatrice autodidacte. Elle réside à Rives, près de Grenoble.
« Artiste étonnante et particulièrement féconde, Marie-Jeanne Faravel nous entraîne dans un monde onirique, un monde qui fait la part belle à l’imaginaire certes, mais aussi aux émotions, et finalement à l’humain. Ses dessin suscitent élans et attraits, dialogues et interrogations, au cœur d’un univers de dédales et d’arrondis. Nous trouvons son fil d’Ariane dans l’arrondi de ses traits, arrondis chargé d’humanité, mais aussi de mystères. Cette touche permanente et mystérieuse nous renvoie à une interrogation : que cherche-t-elle derrière ces visages, seraient-ce nos fragilités, nos doutes ou encore les parcelles invisibles de nos identités ? Car, à mi-chemin entre le support et le miroir, son univers semble être un reflet : celui d’une énigme à résoudre, une énigme présente entre les surfaces lisses et les parties souterrains qui habitent ses personnages. Son œuvre est une fenêtre ouverte sur un « autre part », une invitation à la suivre dans les dédales de cet « ailleurs » empli de couleurs et d’expressions. »
C. Lévêque
Catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :
« Il n’y a pas de hasard il n’y a que des rendez-vous. L’histoire de mes poupées commence ainsi : par une belle journée de septembre 2012 alors que je ne cherche rien, je trouve. Poupées abandonnées avez-vous donc une âme ? Blotties les unes contre les autres, au fond d’un carton, parmi mille et un objets en attente d’une autre vie, qu’attendent-elles ? C’est décidé je les adopte toutes. De mes petites mains, aujourd’hui elles revivent.
Avec enchantement ces poupées m’ont fait reprendre contact avec ces outils de création aimés sans fin, les aiguilles, le fil, le tissu, les boutons, la laine … juste pour le besoin et l’urgence de créer et ainsi partager avec vous cette petite parcelle de mon chemin. »
Odette PICAUD
« Il y a quelques années, dans une décharge, je tombais sur une boîte à chaussures éventrée autour de laquelle gisaient de vieilles photos, du courrier, des gants et divers documents. Touchée, j’ai tout ramassé. Cette boite appartenait à une dénommée Odette Picaud. Elle ne m’a plus quittée. »

Paty VILO
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« Artiste multidisciplinaire, j’ai exploré le Body Art, le Land-art et la sculpture : bronze, argent, terre, céramique et matériaux divers comme le fil de fer. Depuis 2005 je travaille avec le textile.
Mes créations sont des moments de poésie teintée d’humour.
Un humour noir parfois, mais plein de compassion !
Mon matériel de prédilection actuel est la peluche. Elle a l’intérêt de provoquer instantanément une relation affective avec le spectateur.
En deuxième axe je crée des masques en crochet, réminiscence de mon travail de maquilleuse »
Paty Vilo





Notice du catalogue Art et Déchirure 2017 :
« Pour la psychanalyse l’enfance est « la » période de notre vie qui influe sur nos comportements futurs et fait de moi ce que je suis à l’âge adulte. Alors il semble couler de source de créer pour ce nouveau musée un espace où l’on peut laisser surgir ses souvenirs d’enfance.
« Le Jardin de Peter Pan » c’est laisser surgir les souvenirs de tendresse partagés avec nos confidents peluches, nos doudous. Ceux qui ont recueillis nos larmes et nos secrets, supportés stoïquement nos colères et nos angoisses lorsqu’on leur arrachait les bras et sautés dans nos bras pour nos jeux et nos éclats de joie.
Déambuler au milieu de ces peluches suspendues c’est plonger dans nos souvenirs, se laisser envahir par la tendresse et retrouver notre liberté d’enfant. Suspendues dans les arbres les peluches pleureront sous la pluie, grelotterons sous la neige, se dorloteront au soleil et s’exposeront nues sans défenses face aux intempéries comme nous sommes enfants sans défense face aux accidents de la vie… »