Virginie DESCURE

« J’aime bien la famille des Singuliers parce qu’elle permet une très grande liberté d’expression. Les images me viennent comme des rêves, comme des songes. Mon travail est donc devenu une peinture d’émotions et de sensations. »
Dans le travail de Virginie DESCURE, la mort côtoie la vie, et le tragique se décline sur le mode de l’humour grinçant. Dans Les Yeux plus gros que le ventre, le slip fait visage et la bouche est un orifice qui peut servir à la fois d’entrée et de sortie, et renvoyer à un autre orifice que l’effet désigne et situe sans ambiguïté. La boucle est bouclée. Ce ventre est notre monde (peint comme une planète à feu et à sang) et ses yeux sont comme des étoiles qui se meurent. À la fin tout se termine.
Jean-François Guillou
Ismaël MAURAY


« Né à Caen en 1973, Ismaël MAUREY, grandit dans la campagne Normande. Il vit avec pour voisins animaux et arbres. Les années sont bercées par le rythme des saisons, le rituel de l’abattage à l’automne, cochon, volailles, moutons et autres (…). Tristes sujets que ces os, ces carcasses, ces corps et ces souches ? Carcasse, os, souche, crâne, certes ce sont les vestiges d’une vie maintenant disparue qu’à l’ordinaire on oublie ou ne veut pas voir, mais ce sont de multiples prétextes à parler d’ombres, celles qui éclairent, décrivent, organisent et font surgir le relief pour vous proposer un rêve : celui de votre lecture. Avec le corps humain, Ismaël MAUREY, montre une lecture de notre condition d’aujourd’hui. Les corps sont torturés, obèses, maigres et les visages ne sont que cri et douleur. »
extrait de la notice biographique du site d’Ismaël MAURAY
Agnès MAITREJEAN et Laurent DESCOTILS


« (…) On travaille à fixer le fugitif, à cadrer le mobile, à donner de la couleur aux fantômes et de la matière à l’insaisissable. Le travail d’Agnès MaItrejean s’inscrit dans cet esprit. (…). Son travail ne montre ni ne démontre : il (…) donne l’idée que l’art comme la vie sont un jeu (…) même si c’est avec le sourire du chat d’Alice aux Pays des merveilles. »
O. Ponsard
« Impertinentes, inattendues, humoristiques, sont les qualités évidentes des «sculptures–machines» de ce duo d’artistes. Agnès Maitrejean et Laurent Descotils sont nés à Paris (…). Ils ont (…) créé, loin des modes, un monde très personnel, proche des gens, plein de vie et de fraicheur. Agnès dessine sur les planches en bois des personnages que Laurent découpe soigneusement à la scie sauteuse. Les motifs sont peints à l’acrylique, assemblés entre eux, trouvant leur place dans la composition. Des rouages reliés par des courroies impriment des mouvements aux sujets, par la magie de l’électricité. D’autres pièces se laisseront entraîner par une main énergique à l’aide d’une manivelle. La modernité évidente du travail de Maitrejean et Descotils allie néanmoins le charme désuet de l’art populaire, de l’art forain et des images d’Épinal. »
Antonio Saint Silvestre
Daniel ROGER

Fabrice FOSSÉ
Michel GOUTEUX

Marc GIAI-MINIET

Marc Giai-Miniet est né en 1946. Il peint avec beaucoup de force un monde souterrain. Il fabrique aussi dans des matériaux divers de petites scènes situées dans des boîtes : des montages à la fois fantasmés et réalistes d’immeubles vus en coupe, locaux aménagés pour des causes obscures, laboratoires, ateliers, coins d’usines, dépôts d’archives.

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :
C’est en 1995, pour répondre à un projet d’exposition, que j’ai commencé à découper des bouts de carton et des matériaux divers pour les agencer en relief selon l’ordonnance de mes tableaux, dans des boîtes. Je n’avais pas oublié qu’adolescent j’avais eu le désir d’être du monde du théâtre, côté décors et accessoires. Mes boîtes sont vite devenues un prolongement essentiel à ma peinture: même point de vue frontal sans perspective ni profondeur ni hors champ. C’est un espace plastiquement clos pour un discours sur des espaces clos et où se joue un théâtre existentiel.
Mon travail puise dans l’Homme, ou plutôt il puise dans la question de l’Être. Qu’est-ce que l’Homme? Comment donner forme plastique au rapport esprit/matière, que font les sociétés de la matière spirituelle, de la mémoire, de la pensée, des souvenirs, de l’intelligence? Comment dire ce que sont la chair et les os, à quoi servent ces restes funestes qui jettent l’effroi?
Mes boîtes sont la métaphore de ce questionnement: souvent composées en étages dont le plus élevé comporte fréquemment une «bibliothèque», aux livres blanchis et silencieux, qui inaugure un parcours incertain vers les étages inférieurs, de plus en plus sombres, énigmatiques puis infernaux, comme une métaphore de la vie humaine.
Tout s’opacifie pour moi, hélas, dans ce passage de la lumière vers l’ombre. Cependant cette lumière qui nous vient d’en haut pourrait, je l’espère, encourager une lecture inverse: celle des zones obscures de l’Homme vers sa pleine conscience et la clarté de la connaissance.
Marc Giai-Miniet
Claude DORÉE






